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Prisonnier dans le ventre du serpent de pierre.

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Prisonnier dans le ventre du serpent de pierre.

Message  Alkandir le Mer 25 Mai - 21:30

A l’aube du cinquième jour de marche, j’ai pu voir les collines brunes s’élever devant un soleil orange qui embrasait le ciel faisant disparaître l’azur, et le laiteux des nuages.
C’est en fin de matinée que nous arrivâmes à la trouée du serpent. A notre grande surprise, nous vîmes que l’entrée sud était obstruée par de gros rochers qui bloquaient l’accès, suite à un mystérieux éboulement. Tous les cavaliers ne reposant pas sur des pégases et l’armée comptant des machines de guerre et de l’infanterie, nous ne pouvions en aucun cas passer par cette bouche désormais comblée. Notre plan était compromis et je donnais l’ordre d’établir un campement sur le plateau, derrière les collines.

La trouée du serpent se nommait ainsi du fait de la forme du boyau séparant les montagnes brunes. En effet le passage sinuait en un S inversé, tel un serpent terreux.
Au-delà de l’entrée Nord, une forêt de pins et de divers autres conifères bordait le coté Est de la route qui prolongeait le serpent. Encore plus loin se tenait un petit village où il faisait plutôt bon vivre nonobstant quelques attaques de gobelins. A l’ouest de l’entrée sud des dunes verdoyantes entouraient un plateau assez haut, surplombant toutes les collines et permettant, une fois qu’on y était positionné, de voir une bonne partie du boyau. J’avais longuement étudié la carte et cet emplacement semblait être un point stratégique.
Les Orques, selon les éclaireurs, se dirigeaient vers le village en effectifs réduits vers le sud, mais en peu de temps on s’aperçut que la horde verte n’avait pas pour seul but de le piller et d’occire ses habitants. Ils étaient près de huit cents à être paré à engager les hostilités.

La protection du village exigeait que l’on installe des troupes destinées aux renforts sur un endroit retiré certes, mais également doté d’un promontoire conséquent afin de pouvoir guetter le village. J’envoyais mon messager personnel galoper à travers les hautes herbes, les broussailles et les champs, dans l’intension de prévenir les villageois des évènements à venir et dans l’élan, de leur conseiller de quitter leurs habitations avec le strict nécessaire et de rejoindre la route du serpent vers le sud.
Peut après, un guetteur, lorgnette à la main, vint à ma tente me prévenir du retour de mon héraut et me fit par de son inquiétude. J’allais vers les collines Est où arriverai le messager, le guetteur à mon coté, lorsque ce dernier eu le regard attiré au nord. Il s’exclama :
-Monseigneur, le village !
Je tournais la tête à ma gauche et vit qu’une épaisse fumée noire s’emparait du ciel. Une importante maison avait du prendre feu, comme le confirma le bruit d'effondrement qui suivit.
En espérant qu’aucun Orque n’en était à l’origine, nous allâmes entendre le rapport du cavalier.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je le vis arriver affalé sur son coursier à la vitesse d’un bœuf qui aurait mangé plus de foin que ne pourrai en contenir une grange. Ce ne fut que lorsqu’il s’approcha, que je distinguais une flèche grossièrement taillée, à la manière des goblénoïdes, planté non profondément dans son rein droit. L’homme avait perdu beaucoup de sang.
Se sachant arrivé, le héraut se laissa glisser à terre, il bascula sur le dos dans un bruit mat qui fut couvert par celui de la flèche qui se rompit et qui sous le choc s’enfonça de plusieurs pouces. Je courus vers lui dans l’espoir de le secourir et d’en apprendre au plus avant qu’il n’expire son dernier souffle. Je m’accroupis mais n’eu pas le temps de demander nouvelle avant qu’il n’engage la conversation.
-Monseigneur, les orques nous ont devancés.
Il semblait sous le point de mourir, mais s’accrochait encore et toujours, et chaque parole semblait être une véritable épreuve. En détachant mon regard de ses yeux exorbités je remarquais qu’il avait de nombreuses blessures. Il surmontait la douleur et tremblait de tout ses membres, mais s’efforçait de parler intelligiblement.
-Le village a été vidé et… brûlé. Les orques sont passé par la forêt…ils y résident encore…ils… (Il grimaça de douleur) Ils dévorent les habitants…femme, enfant, bétail, tous !
Son esprit s’égara. Je du le ramener à notre monde, et l’éloigner de ses souvenirs, aussi terribles fut t’ils.
-Reprenez vos esprits ! Qu’avez-vous vu d’autre ?
-Les peaux-vertes ne sont pas seuls…ah !
La douleur lui rempli les yeux de larmes.
-Restez avec moi, qui les accompagne ?
-Des mercenaires, des monstres anthropophages…
-Des ogres ?!
-Et…ils ont…j’ai vu…il y a aussi un géant.
-Bien, et rien de plus ? Je le tenais désespérément à l’écart de la folie.
-Je crois qu’ils prévoient d’attaquer notre patrie. Dit-il dans un souffle qui manqua d’être le dernier.
Il n’avait que trop parlé dans son état et était exténué. Le destin s’acharnait à le garder en vie et la souffrance à rester en lui. Prenant conscience de cela, je m’apprêtais à ordonner l’intervention de quelques guérisseurs, quand le blessé, par absence de mots ou n’ayant pas la force de parler, sortit le poignard fixé à sa jambe, la saisit par la lame et me la tendit. Je compris et lui accorda cette faveur. Je pris la dague et la responsabilité qui s’y attachait, la serrait fort au-dessus de son ancien propriétaire, et la lui planta rapidement au milieu du cœur afin d’achever son agonie.
-Je garderai cette lame en souvenir, ainsi vous aurez l’honneur de combattre et pourrez vous venger par son biais. Dis-je autant pour lui que pour moi.

A midi les flammes avaient ravagé la plus part des habitations, et un impressionnant édifice avait été construit à l’entrée du village avec les débris des architectures passées et les restes de leurs locataires. Je remarquais que la structure s’apparentait à un buste de morphologie Orque.
Les plans devaient être changés, l’initial étant de défendre le village en plaçant des unités en son front, devant d’épaisses barricades ; de recueillir l’aide de tout homme apte à tenir une arme et tout en faisant évacuer les autres, de préparer des renforts sur le plateau. En cas de perte du village, nous avions prévu de laisser entrer les troupes orques pénétrer dans la trouée, et de les prendre en tenailles à l’aide de tout les hommes restants. Ce premier plan était devenu irréalisable à cause de l’éboulement de l’entrée Sud, de l’occupation de la forêt et de la désolation ardente qu’était à cette heure le village. J’avais misé sur l'assistance des paysans, mais comme disait mon père :
« Compter sur l’aide de roturiers n’apporte jamais la renommé » .
A présent il n’y avait plus qu’à séparer notre armée en deux groupes pour attaquer les peaux-vertes sur les deux flancs lors leur arrivée à l’entrée Nord et à espérer qu’ils rentrent en grande part, pour que l’armée bretonienne les poursuivent lors de leur progression dans le boyau et les écrases contre le mur de rochets.

Le soleil penchait vers l’ouest quand on signala une activité chez l’ennemi. Une centaine d’orques entra au pas de course mais lorsque je leur posais la question les guetteurs furent dans l’incapacité de m’informer clairement sur la composition des régiments. Etonné par leur nombre, je partis avec moins d’homme qu’il n’était prévu. Il fallait entrer avant qu’ils ne s’aperçoivent des conditions de la route, et fassent demi-tour, supprimant ainsi la moitié de notre effet de surprise. Mon groupe contourna par le Nord le serpent et arrivât à l’entrée peu avant le reste des troupes. Bien que je sois conscient que nous nous engagions dans une impasse, il me semblait capital de rattraper les orques au plus vite. Une course débuta et nous nous engouffrâmes dans la trouée, hormis les chevaliers pégase qui survolèrent les montagnes à titre préventif et pour nous dégager le chemin des éventuels retardataires. À être ainsi entouré de hautes montagnes, j’avais l’impression d’entrer dans la bouche, puis l’estomac d’un monstre de pierre. Seul mon pégase accompagnait l’infanterie et je le fis s’envoler et rejoindre ses semblables dès qu’ils furent à portée de vue, laissant le reste des troupes aux ordres de mon second, un vaillant paladin en qui je mettais toute ma confiance. Il serait en temps normal fort irréfléchi d'assaillir des troupes orques de cette manière, toutefois, dans le cas présent les orques seraient chargés de l’arrière, ce qui signifiait que les troupes lourdes seraient à loin à l’avant. Nos pégases volaient avec le vent dans le dos et nous mîmes peu de temps à rattraper l’ennemi, que nous chargeâmes aussi vite que nous le pûmes, une fois dans celui-ci dans notre sillage.
Ce fut les gobelins qui subirent les premiers les coups de sabots et d’épées. Les têtes qui n’étaient pas tranchées furent brisées.

La suite bretonienne ne tarda pas et à son entrée en jeu nous volâmes au-delà des lignes ennemies en quête d’une cible clé. Survolant ainsi nos opposants je remarquais que ces derniers étaient majoritairement des gobelins ou de menus orques et que certains d’entrent eux prenant conscience de notre présence, se retournèrent. Un des cavaliers m’épaulant s’écroula sous les flèches des archers orque qui venaient de nous repérer. La monture ne souffrant miraculeusement pas de cette attaque s’en fut vers le plateau. Un chamane gobelin nous vit et fut suivit de son homologue orque sauvage alerté par ses cris. Le premier tenta un sort qui parut ne pas aboutir, quant au second, il produisit un puissant maléfice qui eu pour tout effet de lui faire exploser la tête. Les unités à proximité en furent fort troublées et hésitèrent un instant avant que le champion des orques sauvages (qui semblait diriger l’ensemble de la horde) ne donne l’ordre de faire demi-tour, ce qui eut des conséquences sur l’animosité des unités.
En outre les régiments orques sauvages mirent du temps à se reformer à cause des pertes occasionnées par l’explosion cérébrale de leur congénère. La troupe fut noyée dans la confusion lorsque leur champion voulut arranger les choses de quelques ordres maladroits, causant bousculades, coups et jurons, sans compter l’hilarité des lanciers gobelins derrière elle. Les moqueries des plus petits énervent toujours les peaux-vertes surtouts quand il s’agit de ces brutes d’orques sauvages. Ceux-ci oublièrent de ce fait leurs différents et déversèrent leur colère sur les lanciers poings et armes brandis. Les autres unités proches de l’évènement s’arrêtèrent pour encourager leur camp et prendre parti au chahut.
Ce fut un gain considérable de temps pour l’armée de bretonnie, qui débuta l’attaque par la destruction d’un char (si l’on peut l’appeler ainsi) rempli de minuscules gobelins, grâce à ses chevaliers pégase. Elle continua alors que, après avoir vu le cheval volant revenir, les paysans et ingénieurs chargé de se placer au coté Sud des montagnes, firent tirer les trébuchets. Leurs tirs bien qu’un peu trop dirigés vers le Sud, derrière les rangs ennemis, réduisirent des formations de ces mêmes miniaturisations de gobelins à l’état de parchemins. Puis, nos archers vinrent pour tirer une volée de flèches qui fit tomber de nombreuses créatures.
Après quelques baffes généreusement distribuées par le chef orque, les archers peaux-vertes firent de même avec néanmoins, un taux de réussite bien plus bas, certainement dû aux suites du choc et aux joues encore endolories. Puis de ma position, je vis nos chevaliers exécuter la légendaire et solennelle formation des bretonniens : le fer de lance.
Je vis les yeux des orques et des gobelins s’emplirent de crainte et je vis leurs propriétaires, se faire empaler sur les lances et les frontales ferrées des destriers, puis tomber sous leurs sabots et enfin, fuir
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Re: Prisonnier dans le ventre du serpent de pierre.

Message  Alkandir le Mer 25 Mai - 21:30

Les peaux-vertes ne s’étaient pas aperçues qu’ils étaient dans une impasse et lorsque le gros de nos troupes eu finis de charger, nous mirent tant d’unités en fuite que le reste de la horde suivit au mépris des ordres de leur chef. Nos troupes les poursuivirent hardiment, découpant, écrasant et piétinant ligne par ligne l’armée ennemie, pendant que moi et mes pégases écumions la mer verte en décapitant les plus élancées créatures. Peu de temps suffit pour que tous puissent voir le mur de rochers chus. Ce mur était décidément fort symbolique. Il m’avait parut successivement, l’obstacle à la réussite, l’opportunité rêvée, et qui représentait dorénavant notre victoire et la mort inéluctable de notre ennemi. Ils furent pris entre deux feux tel un géant qui les repousserait vers les vagues violentes d’une mer déchaînée, tel les mains d’un dieu près à broyer ce germe de désolation. Se fut un massacre.

Le cœur léger et la tête haute, nous primes le chemin en sens inverse. Dans ma précipitation à en finir et dans cette allégresse je n’avais pas songé que nous étions en position de faiblesse à l’instar de nos désormais défins ennemis. Et combien fut grand notre effarement, lorsque nous constatâmes qu’un océan verdoyant déferlait vers nous. Ma première pensée fut de se hâter d’aller droit devant, en espérant fuir sur les cotés, mais la marée était trop rapide et trop proche pour cela. Malgré tout, c’était notre unique issue et nous devions à tout prix y parvenir si nous ne voulions pas tous tomber. Il ne nous restait plus qu’une chose à faire : charger !
Mon second à mon coté, mes chevaliers derrière moi, je m’élançais, près à en découdre avec tout orque à ma portée. Les premières lignes vertes étaient constituées d’orques noirs et il me suffit de peu de temps pour repérer le champion. Avec l’élan mon pégase pu survoler le sol d’une taille de nain, l’orque brandit sa massue mais n’eu pas le temps de l’abattre car ma lance lui transperça le heaume et le crâne. Aucun de ses suivants ne répliqua, ne pouvant m’atteindre et encore troublé de la mort précoce de leur chef. Les pégases furent bien plus efficaces que les guerriers verts même si nous en perdîmes en trop grand nombre. Et alors que les destriers caparaçonnés formait à nouveau le fer de lance (celui du paladin en tête), on ouït le tonnerre malgré un ciel totalement dépourvu de nuage noir. C’était le rugissement de canons et mortiers de l’empire ! Je connaissais fort bien ce grondement tonitruant pour avoir combattu aux cotés du conte électeur de Nuln. Comment cela se pouvait t’il ?
Brusquement de la terre jaillit du sol derrière moi et j’entendis les morceaux terreux rebondir sur les armures (y compris la mienne). Je volais un peu plus haut tout en me retournant, de manière à voir ce qui se passait. Je vis trois cratères contenant les restes des pèlerins du graal et trois boulets. Des orques seraient incapables de manier des canons, et nul homme n’accepterait de combattre au coté d’orques, du moins je le croyais. Je n’avais jamais apprécié ceux qui favorisaient le tir au combat singulier, et ceux-là moins que tous ! Afin de connaître l’identité des félons je pris encore de l’altitude.

Je n’avais pas commis d’erreurs, il s’agissait sans nuls doutes de machines impériales, néanmoins les servants étaient tout autres que dans mon idée. En effet, c’était de gras et monstrueux ogres, qui tenait les canons et mortiers marqué du symbole de Sigmar. Les gobelins (du moins c’est ce qui s’en reprochait le plus) postés sur les épaules des ogres étaient munis de baguettes enflammées, avec les quelles ils allumaient les mèches des engins à poudres.
Je ne pus que regarder, impuissant, la deuxième volée de boulets. Ceux-ci causèrent moult dégâts au fer de lance. J’ordonnais à deux de mes chevaliers célestes de me suivre vers le flanc gauche, pour venir en aide à nos égaux terrestres. En peu de temps nous avions formé une nouvelle unité et nous chargeâmes côte à côtes les anthropophages. Je fus heureux de constater qu’aucun d’entre eux ne possédait d’armes rapprochées, mais ce bonheur pris fin lorsque je les vis enfiler leurs canons au bras tel des gantelets. Notre confrontation fut plus brutale que prévu, car les ogres avaient développé une tactique des plus efficaces : Ils couraient le vite possible avant de bondir plaque ventrale en avant, en contractant leurs abdominaux, ce qui valut une frappe de bélier de siège pour chacun d’entre eux. Et l’exagération est moindre…
L’attaque de ces ogres déjà effrayant manqua de mettre en fuite les chevaliers. Jamais je n’avais vu de tel faciès. Ils arboraient des peintures corporelles sur leurs visages représentant des têtes de squelettes ou une zone blanche sur le haut de leurs crânes, tandis que le contour de leurs bouches, ainsi que leurs mâchoires inférieures, étaient dégoulinantes de sang.
Je vis le plus gros d’entre eux, ganté d’un canon doré, mettre à bas un chevalier de la quête, le saisir au cou de sa main libre, le secouer jusqu'à en faire choir le casque et enserrer la partie supérieure du crâne du cavalier avec ses dents. Une fois le cerveau du bretonni engloutie, l’ogre lança des borborygmes en direction d’un ogre que je n’avais encore pas remarqué, bien qu’il dépassa nettement des lignes orque. Ce dernier que j’identifiais comme étant « Rargag » devait être un des ogres géants.
Bien qu’il ne sembla pas faire partit de la tribu des ogres à canon (il n’y avait qu’un casque de fer sur sa mine renfrogné), ceux-là le considéraient comme l’un des leurs, voir comme un supérieur. Il tenait une masse d’arme doter de pics qu’il abattit vers mon second, celui-ci l’esquiva sans mal et répliqua en enfonçant la pointe de sa lance dans le bras de l’ogre, ce qui fit lâcher à ce dernier son arme.
Le vent tourna lorsque, trop confient, le paladin lui assainit un coup de l’épée qu’il tenait sous son écu. Il s’était approché trop près de son ennemi, qui après avoir contré avec la lame qui prolongeait son bras couvert d’une cote de maille, lui donna un formidable coup de poing de l’autre, arrachant ainsi son heaume. Un seul revers de lame suffit au grand mange-humains pour lester le chevalier du sommet de sa boite crânienne. Rargag empoigna la cervelle de sa victime et la tritura jusqu’à la réduire à l’état de bouillie sanglante. Ce qui lui valut, je le sus ultérieurement, le surnom (devrai-je dire titre ?) de « remue- méninges ». Puis, de sa poigne ensanglantée il souleva le corps par la tête, la détacha du reste d’un autre mouvement de sa lame et enfin en absorba le contenu tel le cru d’un calice.

Ô malheur, ce ne furent pas les seules plaies de cette bataille, car vint bientôt un nouveau fléau. Alors que les chevaliers errants achevaient les chevaucheurs de loups, on put voir s’élever au-dessus des têtes vertes, un casque d’acier généreusement garni en pics et pointes.
Lorsqu’il immergea de ses lignes, le chef orque pu remarquer le champion chevalier errant. Il s’élança vers lui, son armure de bric et de broc ne semblant pas le gêner, pas plus que sa lourde hache, que ses genouillères à pointes ou que ses épaulières elles-mêmes dotés de pointes sur les quelles reposaient deux têtes (une d’homme l’autre de nain).
L’orque fut affreusement déçu lorsque l’homme mourut d’un seul coup de hache à la taille, laissant ses jambes fuir seules la bataille sur son cheval. Sa déception monta d’un cran lorsqu’il compris que l’influence du chevalier se limitait au régiment :
-De koi ?! Bah, ki c’est l’chef alors ?
Il balaya énergiquement le champ de bataille de regard hagard et lança de plus belle :
-Hin ?! Kikcé Ké l’chef ?!
Un gobelin aux globes oculaires fébriles m’aperçut et envoya à l’intention de son supérieur :
-C’est lui vot’ majestuosité !
Le comandant de la horde verte me vit à son tour et se fraya un chemin à coups de hache dans ma direction, laissant les orques aux armures noires et épaisses, se charger des chevaliers errants. Le temps d’arriver à mi-chemin, deux bagarres avaient élu domicile dans ses rangs.
Pour tout dire, les gobelins nocturnes provoquèrent leurs congénères sylvestres de quelques péjorations et étant tout deux constitués d’archers, s’en suivit un échange de juron et de flèches confondus. Pensant régler la situation, des Orques molestèrent vigoureusement tout gobelins à portée de main, mais, à présent qu’ils s’en étaient mêlés les orques envenimaient le conflit plus que de l’atténuer. Le mélange confus d’imprécations et de carreaux s’épaissit de plus bel.
A la vue de ce désastre le chef orque dévia sa trajectoire pour réordonner ses troupes et c’est à la faveur de telles opportunités que l’on s’aperçoit de l’importance du contraste entre nos deux cultures.
Dans le cas d’une querelle entre deux des régiments sous mes ordres (déjà à ce niveau la théorie relève de l’imagination), j’aurais prestement demandé le calme, moralisé mes hommes, leur aurais parlé de ce qui fait l’honneur de notre peuple, du prestige nécessaire à impressionner l’ennemi et à garder notre noblesse, et bien sur de la dame du lac et du regard qu’elle pose sur nous, regard sous le quel on ne peut se permettre aucune disgrâce.
Ce ne fut cependant pas (ce qui ne surpris guère) le cas de nos adversaires. Leur commandant s’approcha en beuglant je ne sais quelles injures, et comprenant que cela ne suffirait pas, frappa un orque si fort qu’il lui décrocha deux dents, puis projeta un gobelin qui retomba en piquet sur son unité dans un bruit fracassant. Et afin que se rassérénasse ses subordonnés une bonne fois pour toutes, il décapita un gobelin de la nuit, capuche comprise. En contemplant les restes de leur camarade, les peaux-vertes se sentirent prompts à davantage de docilité. Leur chef voulu s’assurer que cela durerait :
-Le prochain k’j’vois tapé ot’choz qu’un zom’, j’y kass’la tet’, compris ? Éructa-t-il.
Bon, où c’est kil é mon chef zom’ ? Proféra l’orque les yeux plissés.

Il est notoire que les orques ne sont nullement enclins aux atermoiements et encore moins à la réflexion. En revanche, il est coutumier que leur animosité proroge moult discordes. C’était une faiblesse à la quelle on ne prendrait jamais un régiment de notre belle patrie mais que j’exploitais avec enthousiasme.
Ce qu’ignorait l’appréhendé chef orque, c’est que tout en ne perdant rien de l’œuvre qu’il avait entreprise, je m’étais approché de lui du plus rapidement qu’il m’était possible. J’étais à présent si proche du comandant ennemi, que j’étais dans la capacité de dénombrer ses crocs jaunis.
Un fait nouveau m’occupa l’esprit : au loin, l’orque n’avait d’impressionnant que son équipement et sa taille légèrement supérieure au reste de ses semblables, mais de près, sa carrure était des plus préoccupantes. Gard ! Que limpide soient les choses : j’avais certes, la pondération défaillante, mais point de couardise. Loin de moi étaient la peur et l’idée de fuir, car un véritable chevalier du Graal ne saurait imaginer être submergé par la crainte. Aucune raison d’ébrécher ma témérité après tout : j’étais un cavalier affrontant un fantassin, j’avais la bénédiction de la dame, et de toute manière fuir serait ubuesque étant donné les circonstances…

Sans autre préambule et dans les limites de la fougue déversée par ma monture, je chargeais la créature. Celle-ci affichait un rictus déroutant mais je ne me laissais pas distraire. Je bandais le biceps droit afin de recevoir au mieux le heurt de la collision à venir et pressais mon gantelet gauche contre mon plastron lustré pour que mon rutilant écu resplendisse de mon héraldique. Même à travers mon heaume et mon haubert je pus ouïr claquer et siffler l’étoffe soyeuse de ma cape immaculée.
La collision vint enfin. Ma lance de blanc nacré se brisa violemment contre la robuste armure anthracite de l’orque et celui-ci fut projeté en arrière.
Toujours au sol, mon pégase continua dans son élan, et j’en profitais pour transpercer un orque noir isolé de mon double tiers de lance restant, dont la pointe était nouvellement effilée. Lâchant mon arme souillée, je fit faire demi-tour à mon destrier et tirais sans tarder mon épée du fourreau de bois recouvert de cuir teint, tenu à ma ceinture de taille par deux bélières. A ma stupeur, le peau-verte se tenait debout près à encaisser une seconde charge. Durant celle-ci, je remarquais qu’un débris de lance de cavalerie gisait au sol et qu’une plaie cicatrisée apparaissait là où l’armure était trouée. C’est ainsi que je connus la raison d’une si audacieuse assurance : son armure était magique.
Me préparant pour la deuxième confrontation, je regardais le monstre prendre sa hache à deux mains à l’envers et la lever au-dessus de sa tête. Je compris trop tard. Je pris le sommet de l’arme au-dessus du bouclier et fut désarçonné.

Vint alors un de ces courts instants qui paraissent durer une éternité. Je chutais me semblait-il avec lenteur, le cerveau encore étourdis du choc, les oreilles bourdonnantes et j’eus l’impression d’être privé de tripes dans cette apesanteur. Puis ma poitrine devint douloureuse. L’attente de la rencontre avec le sol fut un long supplice. Enfin je percuta brutalement la terre dure et sèche d’une force amplifiée par le poids de mon armure complète.
Après y avoir vu défiler un flot d’images floues et confuses, j’aperçut mon ennemi par la fente de ma visière. Lorsque que je l’eus relevée, l’adversaire brandissait sa hache à double tranchant.
- Dommage ke t’ai pa d’armur’ eud’ protèjassion l’zom. Me dit-il de sa voix stupide avant d’abaisser son arme.
Fort heureusement je pus éviter sa lame en roulant sur ma droite. Le temps qu’il extraie sa hache du sol, j’avais, dans un effort dévoué à la dame, réussi à me remettre debout. Alors qu’il m’avoua (non sans rires gras) se sentir l’envie de garnir son casque cornu de mon chef, je jetais heaume à terre et déclinais son offre avec un manque certain de politesse bien qu’il insista.
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Re: Prisonnier dans le ventre du serpent de pierre.

Message  Alkandir le Mer 25 Mai - 21:31

Il s’élança et fit décrire à sa hache un arc de cercle qu’il me fut aisé d’esquiver. Je contais bien collationner ma preste hardiesse à sa brutalité bestiale. Dans ce but, j’abattit ma lame vers sa carotide étonnamment exposée, mais fut vivement paré. Je contra à mon tour une nouvelle attaque de l’orque et répliqua d’une tranchée horizontale qui manqua de peu de l’éviscérer. L’échange dura un moment. L’orque avait une supériorité manifeste sur moi mais je gardais courage.
Lorsque je fut au bord de l'adynamie, l’orque, juste essoufflé, tenta une seconde fois de me fendre d’une tranchée verticale. Instinctivement je me protégeais de mon épée, les bras en U au-dessus de ma tête, ma main droite crispée sur la garde, et l’extrémité de la lame glissée entre le dos de mon gantelet et celui de mon écu.
La lourde hache chut et brisa mon épée en projetant nombre d’étincelles. Je fut envoyé sur une terre dénuée d’herbe, alors que l’image des escarbilles s’imprégnait sur ma rétine. Le peau-verte, fort irrité de ne pas voir une seul tache de sang, tenta une ultime fois d’écourter ma vie.

A ce funeste instant, j’eus une nouvelle entrevue avec l’effroi. Indiciblement, il fut, en moins de temps qu’il n’en est nécessaire pour le dire, brusquement remplacé par une ire flamboyante.
La brute fit retomber son arme dans une sorte de ralentit. Mon esprit, lui, fut vif comme l’éclair. Je regardais à droite, la lame brisée était trop éloignée. Je regardais à gauche, l’écu avait glissé trop loin. Inutile d’esquiver, il dévirerait sa lame. Etais-je désarmé et condamné ? Désarmé ?
Je m’étais mis accroupi et une douleur c’était logé dans ma botte. Non je n’étais pas sans arme.
La hache était proche à présent. Ma colère s’enflamma d’un courroux nouveau ! Je fus plus preste et vif que jamais : je sortis le poignard de feu mon messager, plongea sous la hache sifflante, entre les longs bras verts aux veines saillantes de la montagne de muscle, mis la main gauche sur le cou de mon ennemi, et enfonça vigoureusement de mon autre poigne, la courte lame dans l’œil gauche du monstre casqué. Un jet de sang noir gicla et souilla ma joue.
Dans un cri rauque et puissant qui m’éclaboussa de bave et qui inonda mes narines d’haleine putride, le chef peau-verte s’écroula. Le couteau avait progressé dans l’orbite et la pointe avait entamée la cervelle.

Soudain, je revint à la réalité. Le bruit tonitruant de la bataille faisait vibrer mes tympans. Un vent soufflait ma cape, le crépuscule commençait à prendre ses droits sur la voûte céleste et les lunes attendaient patiemment et indolemment leur heure, tel des spectres naissants. Tout cela avait été sans que je ne m’en sois rendu compte, tant le duel avait happé mon attention.
Rapidement je réalisa ma périlleuse situation : J’étais dépourvu de casque et d’arme, et des rétiaires gobelins accompagnés d’aberrations hideuses munies de longues rangées de dents, approchaient.
Je sentais peu à peu l’espoir quitter mon âme comme le sable fin d’un sablier, quand je reçut un souffle sur le haut de mon crâne maillé. Puis, je perçut une suite de puissants battements d’ailes et un hennissement familier…

Décidément les pégases étaient aussi intelligents et braves qu’altiers !
L’équidé perdit de l’altitude afin que je puisse mettre pied à l’étriller. Jetant un regard aux monstrueuses bêtes que chevauchaient tant bien que mal les gobelins, je saisis mon heaume poussiéreux.
Mon pégase pris son envole et moi ses rennes. Une fois ces derniers en mains, j’en profitais pour réajuster la têtière et resserrer la muserolle, sans prêter garde aux claquements de dents produits par les créatures sans bras, en plein saut, qui essayaient sans y parvenir de croquer un morceau de cheval ailé.

De ma position élevée, je pus voir avec meilleur discernement la désolation qui régnait au sol. Un chevalier du Graal au pégase gris et au blason gueule et sinople vint à ma rencontre. Quand il fut à ma hauteur il déclara :
-Quel glorieux duel vous nous avez offert messire ! La voix du chevalier trahissait le jeune âge.
-Quelle est la situation ? Dis-je sans prêter attention au compliment du chevalier.
-Les pertes sont nombreuses messire ! Peu rentreront.
-Mais hors mis cela ? M’impatientais-je.
-Nous avons occis tout les archers mais les squigs font des ravages.
-Qu’est-ce ?
-Les Squigs ?
-Oui.
-Ce sont les nuisibles monté par les gobelins messire. M’instruisit le jeune homme.
-Et combien de nos semblables ont subsistés ?
-Quatre chevaliers pégases ont survécut monseigneur…en nous comptant.
-Triste jour. Dis-je sombrement.
-Sir Hildgrard l’Ingambe à reçut une flèche et il est partit quérir de l’aide.
-Par la dame, nous en aurons besoin ! Bien, qui tient nos rangs ? Demandais-je n’osant pas regarder.
-Tout les pèlerins sont passés de vie à trépas…eh bien …je crains qu’il ne reste que quelques paladins et chevaliers de la quête, si l’on ne compte pas les petites gens…
-Tout le monde compte chevalier. Dis-je en tentant d’ignorer la voix de père qui résonnait dans ma tête.
-Bien messire. Si je peux me permettre messire, nous ferions bien d’atterrir les ogres canonniers prennent un malin plaisir à viser les pégases et les chevaux. Me prévint-il
Ils sont dangereux ! Même pour eux. C’est d’ailleurs la meilleure façon d’en venir à bout.
-Aucun homme n’est parvenu à en terrasser un ? M’étonnais-je.
-Si Sir Baldian de Lyonesse.
« Il faudra que j’en fasse mon second. » Pensais-je alors que nous amorcions une descente.
-A propos, je n’ai pas d’arme. Déclarais-je.
-Ah, pardonnez-moi, j’avais omis de vous la remettre. Je l’avais préparée à votre intention. Me dit le jeune chevalier. Il amena son destrier près du mien en me tendant une épée d’acier dont garde dorée recelait deux émeraudes.
-Mais et vous ? M’interloquais-je en prenant l’arme.
-Ce n’est pas la mienne elle appartient à Sir Baldian. Il n’aura guère plus l’occasion de s’en servir…
-Chevalier ?
-Oui messire ?
-Accepterais-tu d’être mon second ? Demandais-je las.
-Ce serais un honneur messire.


Nous avions piqué et rejoint un régiment de chevaliers errants. Ma venue avait ravivé leurs espoirs et raffermit leur bravoure. Au contraire de chez les peaux-vertes où le moral allait en décroissance. Non seulement leur chef était mort mais les « squigs » avait décidé de goûter aux joueurs de biniou et de partir chasser les mini-gobelins survivants. La panique commençait doucement à se faire subodorer.
Vinrent alors les plus désolantes et décadentes unités qu’il ne m ‘ai jamais été donné de voir. Il s’agissait de gobelins à tout points de vue ivres, dotés d’énormes boulets qu’ils se plaisaient à faire tournoyer. Inutile de préciser, je présume, qu’ils causèrent des dégâts plus que conséquents, tôt si bien chez nous que dans leurs propres rangs. En dépit de mes présomptions assez peu de peaux-vertes fuirent le champ de bataille.
Nous ne nous en rendîmes pas tout à fait compte au départ, mais les créatures encerclèrent notre groupe.
Les troupes de bretonnie allaient fichtrement mal surtout pour ce qui était de gagner du terrain.
Si cela continuait la marée verte allait bel et bien écraser les bretonniens contre le mur de roche.

On entendit par-dessus les ordres gutturaux, les cris de douleurs, les rares détonations de canons, les os brisés et la confrontation des métaux, les acouphènes caractéristiques d’une corde qui lâche et d’un rochet qui fend l’air.
-C’est Sir Bellois ! Cria le jeune chevalier.
-Que dit-tu ? Demandai-je.
-Sir Bellois guide les trébuchets depuis la scelle de son pégase messire. Précisa-t-il dans un souffle.
Lorsque le rochet s’arrêta de siffler, la terre trembla et une immense volute de poussière brunâtre apparut avec force craquement.
Nombreux étaient les orques à joncher le cratère récemment formé et plus encore les gobelins à prendre la fuite. Cet instant m’y paraissant fort propice, j’ordonnais la formation du fer de lance.
-Je tiens à prendre la tête messire. Avais dit le chevalier au pégase gris.
Ainsi vous pourrez ainsi aider les chevaliers du Graal (ces derniers combattaient avec peine contre des orques noirs depuis un temps certain), messire.
-Soit. Quel est ton nom ? Lui demandais-je, fier de sa requête.
L’homme, qui n’était pas aussi jeune en apparence que sa voix le suggérait, hotta son heaume à camail de mailles, dévoilant une chevelure brune qui lui arrivait jusqu’aux épaules et un visage assez carré au menton garnit d’un bouc.
-Sir Hector De Couronne monseigneur. Me répondit t’il alors que la fin du chaos des rangs adverses débutait.
-Dorénavant on te reconnaîtra sous le nom de « Sir Hector le Vaillant de Couronne ». Le nommais-je.
Si je viens à trépasser tu commanderas les troupes.
Porté par l’honneur et l’allégresse Sir Hector le vaillant galopa en tête du fer de lance, suivit des chevaliers errant. Le fer fit une magnifique trouée ou s’infiltrèrent les hommes d’armes de bretonnie. Quant a moi, je partit porter secourt aux chevaliers du Graal sur chevaux caparaçonnés. Ils avaient occis bon nombre d’orque en armure noire, mais ces derniers avaient néanmoins causé de lourdes pertes dans nos rangs
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Re: Prisonnier dans le ventre du serpent de pierre.

Message  Alkandir le Mer 25 Mai - 21:32

Les créatures sombres maniaient des massues de fer aux nombreuses pointes ainsi que d’impressionnant hachoirs qui déformaient armures et caparaçons. Il fallait hâtivement mettre fin à cela avant que la totalité des chevaliers ne rende gorge. Etant maintenant fort aguerris dans le domaine, je débusquais tôt le champion du régiment maléfique.
-Toi, créature dont l’infamie me révulse ! Allons, soit preux et regarde-moi rejeton de la haine et de la laideur ! Le hélais-je.
-Cé à moi ke tu di de t’mater ? M’interrogea l’orque avec balourdise.
Les deux races ennemies commencèrent à faire taire les armes.
-Oui, grand mal te prenne d’oser me toiser de la sorte, foutriquet que tu es !
-Eud’ koi ? Kestu m’koz sal’zom ? S’échauffa l’être impure.
A présent dans les deux régiments, nul n’avançait et tous nous regardaient.
-Je vais te pourfendre et tu maudiras toi-même la tératogénie qui ta mise au monde, vile créature !
-J’entrav’ kedal mé chui sur ke tu veu t’prendre un coud’ kikioup’. Me dit le champion, alors que ses semblables paraissaient subsumer pareillement.
-Tu imagines pouvoir m’occire ? Ta verve de damnera songe-creux ! Vois la vérité, fieffé maroufle, seule la déroute vous sera salvatrice. Lançais-je.
-Eh ! Tu m’koz meilleur dac’ ? Et arrête de gueuler ! Et pis j’veu ta tet’ !
-Décidément c’est manie. Vous n’aurez donc jamais cesse de me la jalouser. Mais ne peut vous donner tort, vu vos faciès ! La laideur incarnée, et c’est mot modéré.
Pour un être pour qui le mot « candeur » est ô combien insuffisant si l’on veut toiser la niaiserie, je te trouve fort expert en forfanterie. Il est plutôt à moi de convoiter un trophée. Dis-je avec une supination, le regard posé sur le repoussant pendentif odontoïde de mon interlocuteur principal.
Bien évidemment l’artefact ne m’intéressait aucunement, mais je comptais par cette pseudo-convoitise éveiller en l’orque quelques échauffements.
-Rah ! Arrêt’ eud’ parler kom çà j’ai mal a mon crâne ! Bat toi olieu eud’ kozer !
-Peste soit de ton peuple. Dit-je d’un ton dégoûté.
Je passa ma jambe droite par dessus la scelle et mis pieds à terre.
-Kesta l’zom ? T’a peur pour ton ch’vo ? Ricana le peau-verte.
-Nenni, je ne crains rien de vous monstres abjectes. Trêve de fanfaronnade ! Attaque ! Le provoquais-je.

Les cris d’encouragement de nos « hommes » retentirent tandis que l’orque chargeait. Dans cette course pataude il me menaça de ses hachoirs, ses bras formant un U.
J’aurais pu contrer le premier tranchoir mais je visa plus bas, sous le poignet. Se n’était pas un acte de grande loyauté mais quoi que j’en dise, la vie des chevaliers reposait en partie sur ce duel. Je pratiquais donc une ténotomie avec toute l’habilité dont j’étais capable. Je mis tant d’ardeur dans mon geste que je touchais l’os. Mon adversaire lâcha son couperet, mais lorsque ce dernier toucha terre, son propriétaire avait la gorge béante et j’avais le plastron et la lame tachés de sang noir.
Nul ne sembla bouger durant quelques instants puis, contrariant mes espérances seul un duo d’orque se débanda. Le reste fut pris d’une colère vengeresse et je n’eus pas le temps de mette le pied à l’étrier que déjà les chevaliers du Graal embrochaient tête et torse verts, ce qui attiédit la fouge des impures. Lorsque je fut enfin monté, la moitié des monstres vivants fuyait et il fut chose aisé de mettre en déroute les orques restants.
Nous pourchassâmes allègrement les fuyards à travers un terrain recouvert de cadavres et abreuvé en sang de tout types. La bataille continuait âprement. Je croisais un squig qui laissait sortir de sa bouche, un bras humain vainement tendu vers l’extérieur et un autre qui se repaissait d’intestin de cheval.
Nous arrivâmes bientôt à la rencontre des six seigneurs montés restants et des chevaliers errant guidés par Sir Hector. Ainsi alliés, nous pûmes mettre à mort tout les orques noirs.
Soudain, alors que j’extrayais mon épée de l’échine de l’un d’entre eux, un ensemble d’orque à peintures
bleutées se fit broyer par une roche chut du ciel. La frappe du trébuchet terrorisât de nouveaux peaux-vertes dans moult cris.
Les croqueurs de tête dont Rargag et un autre ogre-géant à la coiffure en crête, s’adonnaient à leur passe-temps favori dans une grande insouciance. Assoiffé de tuerie l’ensemble des chevaliers (une petite trentaine) décida d’abréger ces réjouissances. Les hommes d’armes voulant prouver leur valeur, se mirent en tête de leur couper l’herbe sous le pied.

Ils approchèrent en hurlant comme des fanatiques, mais leur charge avorta sans raison apparente. Tout en décapitant un gobelin perdu, je jetais un regard sur les six ogres et ogres-géants. J’y discerna alors une longue, une gigantesque silhouette qui se levait. Un géant.
Je me rappelais maintenant mon messager me rapporter la présence d’un géant. J’avais attribué cela à la fièvre et avais par la suite complètement négligé ce détail, cet énorme et fatal détail.
Le géant portait une sorte de pagne fait de bannières impériales, tandis que d’autres (elfiques, naines et bretonnienne) couvraient ses jambes. La créature semblait adorer les crânes : il y en gardait deux d’ogre en putréfaction sur ses épaules, trois sur son vertex (un d’homme, un d’enfant, et un de nourrisson), d’autres dans sa barbe et dans ses cheveux (où pendait d’autres os), des crânes d’halfling pourrissaient à sa ceinture, deux guirlandes de têtes humaines et elfiques liées par les cheveux s’accrochaient à ses épaules et pendaient dans son dos (je les vis ultérieurement quand trois corbeaux vinrent y prendre quelques yeux et chaires), mais le plus saisissant était son collier. C’était un éventail de toutes les créatures qu’il avait rencontré. Il y avait même un bras zombifié, une tête de cheval, une de vache (ou d’homme-bête qui sais), et une arme de facture nordique. Il avait divers armes, bouclier, pointes, animaux sur tout son corps de telle manière qu’il s’était fabriqué une sorte d’armure. Tout ses objets, en plus de lui fournir une protection, témoignaient de son goût pour le mercenariat (et la chaire humaine).

L ‘ogre se pencha et ramassa un homme avec chaque main. Son geste fut étonnement rapide pour un être de son gabarit. Les hommes d’armes restés au sol ne surent que faire et je fus pris de cette même léthargie.
Le géant ouvrit la bouche et croqua la tête d’un des hommes au niveau des tempes et en aspira le cerveau dans un bruit abominable.
-T’as raison Yargut c’est vachement bon ! Mugit l’immense mercenaire par-dessus les cris de sa proie.
-Tu vois que ça valait le coup d’abîmer le crâne. Lui répondit l’ogre-géant à crête.
-J’arriv’ pa a croir’ qu’t’a jamais goutté ! S’exclama l’ogre au canon d’or.
Le monstre était fort allogène même dans cet environnement mais semblait s’être très bien intégré.
Il n’y avait plus grand monde sur le champ de bataille et ils n’avaient remarqué que la dizaine d’hommes d’arme, les chevaliers étant plus éloignés et partiellement cachés.
Leur calme rendait la scène surréaliste.
Le géant saisit la cuisse de sa prise d’une main, son tibia dans l’autre et retourna le genou dans un grand craquement. L’homme hurla à pleins poumons pendant que le géant déchirait sa peau et ses chaires à grand coup de dents. Puis l’ogre lui arracha la tête et jeta son cadavre. Il introduisit la caboche dans sa bouche, la fit rouler avec sa langue pour extraire et gober les yeux, et recracha le crâne après l’avoir mâchonnée, comme s’il s’agissait d’une prune. Voyant cela les hommes d’armes sortirent de leur torpeur et attaquèrent. Les chevaliers furent plus lents mais donnèrent tôt des coups d’éperons. La pluspart des tranchées des fantassins ricochèrent sur les restes humains et autres plaques de fer.
Les ogres virent les chevaliers et rechargèrent précipitamment leur canon. Le géant, lui, pris un troisième bretonnien et le projeta sur le casque d’un cavalier en pleine course. L’instant d’après sa nuque décrivait un angle improbable, ballottant la tête sur le dos.
-Bien lancé Morkragh ! Le félicita Yargut.
Les ogres, dans la précipitation, avaient pris ce qui leur tombait sous la main, et lorsque l’on cria « Crachez l’plomb ! », une massue, un boulet, des flèches brisées, des couteaux rouillés et un gnoblar (ainsi se nommait leur espèce de gobelin servant, comme me l’appris Sir Hector) en charpie volèrent sur les braves chevaliers tuant deux hommes et un cheval.
Morkragh reprit une paire d’hommes. L’un d’eux tenta de se libérer à l’aide sa dague et sous la douleur le géant resserra sont étreinte. Il lui brisa la cage thoracique et lui fit vomir un flot de sang sombre avant de le lâcher, le laissant mourir d’hémorragie interne. Je décidai alors de charger les ogres tant que les canons n’étaient pas chargés. Nous étions bien plus nombreux mais les anthropophages hésitèrent à fuir. Le géant arracha les membres antéropostérieurs de sa victime et jeta la partie évanouie restante dans les pattes des cheveux de tête qui trébuchèrent et firent trébucher ceux qui les suivaient. Il donna en suite les jambes aux ogres pour qu’ils s’en servent comme munition. Les hommes d’armes comprirent qu’ils n’étaient que de la chaire à canon et fuirent. Morkragh en attrapa trois, qu’il fourra dans ses « vêtements » et offrit par la même occasion une baffe à un seigneur monté qui tomba de cheval, et en apoplexie.
Rargag tendit au géant sa massue (une grande branche où étaient liées une pierre tombale et plusieurs lames) afin qu’il puisse molester tout son saoul. Un sifflement se fit entendre et un rochet asymétrique manqua de peu la tête de Morkragh.
-Whaa… merci ! Dit celui-ci de sa voix rauque étrangement dénuée de bêtise.
Il pris la pierre à deux mains et la catapulta sur les fuyards qui furent « proprement » écrasés.

Mon groupe arriva enfin (après avoir remis les cheveux d’aplomb) près des ogres. Nous étions à quelques toises d’eux, quand un fût de bière naine explosa à nos sabots. Les chevaux hennirent, glissèrent se cabrèrent et la charge rata. Morkragh frustré d’avoir du gaspiller sa paye, se mit entre les ogres et nous et désarçonna du dos de sa main protégée par un bouclier impérial, deux cavaliers.
Craignant qu’il ne recommence, je fis prendre à mon destrier son envol. Le vent froid pré-nocturne mordit mon cou tel un vampire de glace. Il passait à travers les mailles du haubert, et faisait fi du haut col ouvert de mon gambison en lin. Le géant ne me regardant pas je misais sur l’effet de surprise. Mon pégase descendit sur le mercenaire à vive allure. Subitement, ma cible tourna la tête et me distingua nettement malgré la pénombre. Je ne m’arrêtais pas. Il trancha l’air de sa longue massue, et surpris, je tirais les rennes. Mon pégase freina vivement sa vitesse et pu évitez le coup, mais son geste me déséquilibra et je fis ma deuxième descente sans fin de la journée…


Un ansériforme cancana. Je m’éveillais lentement, très lentement. Je me sentais ankylosé et étais horriblement courbaturé. Mon corps entier (surtout mon dos et ma tête) me faisait souffrir. J’essayais de me lever (bien que je n’eu pas envi que quitter ma douillette paillasse) afin de voir si j’étais en mesure de marcher.
Je parvint à me mettre debout, faisant ainsi naître une nouvelle souffrance au niveau des côtes. Ma douleur d’entre les omoplates ne paraissait pas trop grave, je pus boiter sur le couchis de lattes jusqu'à la fenêtre.
Les canards étaient plus bruyants entendus d’ici. De plus il semblait y avoir une sorte de fête si l’on en croyait les rires et les chansons.
Mais où diable étais-je ?
Je me penchais à la fenêtre et vit une bourgade où quelques marchants vendaient volailles et légumes. Un ivrogne apparut par la porte d’entrée de l’édifice où j’étais. Il titubait en chantonnant une élégie mélancolique une bouteille à la main.. Puis, ne trouvant pas le goulot, il essaya pitoyablement de faire passer le liquide à travers la bouteille directement dans sa bouche et bien sur n’y parvint pas. L’arsouillé, constatant que le verre était trop cohibant, s’irrita et égueula le récipient contre le mur, répandant un liquide pellucide sur celui-ci ainsi que sur ses vêtements. Le désolant spectacle m’exaspérait. L’homme le débris de bouteille toujours en main tangua enfin plus loin pour vomir à son aise.
Qui m’avait emmené ici ? Que s’était-il passé ?
Je me souvenais de la chute mais de rien d’autre.
La porte de ma chambre s’ouvrit, et Sir Hector entra.
-Vous êtes réveillé monseigneur ? Nous allons pouvoir partir.
Le jeune homme, comme à son habitude, allait trop vite.
-Où somme-nous ? Demandais-je alors qu’il refermait la porte.
-Dans un patelin au Sud du serpent. Les habitants ne savent pas ce qu’ils nous doivent. Vous et les autres blessés n’étiez pas transportables on vous à amené ici, à l’auberge.
-Ce qui explique le raffut en bas. Mais que s’est-il passé ?
-Vous avez chutez et avez perdu connaissance. Vous vous en sortez bien : une côte légèrement fêlée, une cheville foulée, et une bosse à la tête m’a-t-on dit.
-Sans compter de multiples hématomes… et ensuite.
-Ensuite se fut la boucherie. Je préférerais ne pas y repenser. Si les chevaliers d’Alexandre n’avaient pas été là…
-Alexandre ?! Vous voulez dire Alexandre d’Artenois ? Alexandre le Breton ?
-Oui messire, lui et des chevaliers du royaume d’Artenois partaient pour je ne sais quelle quête, lorsqu’ils on croisé Sir Hildgrard l’Ingambe. Sir Alexandre à tenu à ce que l’on envoie un régiment en renfort. Si ces derniers n’avaient pas pu faire fuir les ogres et le géant, Sir Alexandre serait venu lui-même j’en suis convaincu.
-La dame le bénisse… Dis-je.
Sir Alexandre le Breton était apprécié de tous, moi le premier. C’était un vaillant chevalier du Graal respecté des rois de bretonnie il avait accompli nombre de haut-faits. A tel point qu’on le nommait « le Breton » à l’instar de Gilles l’unificateur. Sa probité, son charisme et son potentiel cognitif élevé lui donnaient une réelle prépondérance au près des monarques de notre patrie.
-Où sont les autres ? Demandais-je après un court silence.
-Ils ont établi un campement à coté d’une futaie tout près du village, mais vous devriez attendre que se termine votre convalescence. Il y a d’autres chevaliers ici, qui sont encore en pleine analepsie.
-Très bien, dans ce cas je vous demanderais d’aller au campement pour diriger les troupes le temps que je me remette.
-Bien messire.
Un petit conirostre se posa sur un cognassier non loin de la fenêtre par la quelle je regardais.
-Ah ! Trouve-moi le colombophile du coin je n’ai plus de messager.
-Bien messire. Me dit–il.
Je reportais mon attention sur le pinçon. Un corvidé l’avait rejoint.
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Re: Prisonnier dans le ventre du serpent de pierre.

Message  Rudwolf le Mer 25 Mai - 23:30

Sympa Damien, long mais sympa, je n'ai pas encore fini... cyclops
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Re: Prisonnier dans le ventre du serpent de pierre.

Message  lafole-enslipe le Mer 6 Juil - 1:12

j'ais pris plaisr è lire ce récit!peu etre un peu trop technique parfoi.
N ' empeche ke lé zork c lé mieu meme si ils crevent tous!^^
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